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Ostéo-micronutrition

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Ostéopathie traditionnelle et terrain nutritionnel

JAIPAQUI 2

Gérard Cazanave DO MROF :


Pierre Etchard nous écrit et pose, comme souvent, de vrais questions, celles qui témoignent d’une recherche, d’une quête trop souvent abandonnée par les ostéopathes enseignants ou étudiants (il y a quelquefois si peu de différences entre les deux !)


Les réponses doivent être aussi ouvertes et diverses que l’ostéopathie et doivent comme elle, éviter la recette, le lapidaire et le commun. Pour apporter un ruisselet de réponse je vous propose la contribution à notre ami Marc Chevassus DO MROF et celle d’un texte de G.D. Hulett ostéopathe américain qui enseigna à Kirksville, auteur d’un ouvrage fondateur du concept, malheureusement non encore traduit.


Pour l’ostéopathie que j’ai rencontrée, la philosophie est un art de vie, une compréhension autre du vivant et de ses manifestations.


 L’ostéopathe s’il ferme  la porte de son cabinet  ne ferme jamais celle de son esprit d’analyse, de compréhension, de conquête. Il doit rester un frontiers du XXIème siècle avec ses pantalons dans les bottes et laisser le stylo étoilé de blanc aux vestons des petits notables !


 Les difficultés que traversent la profession, de par sa démarginalisation  vont ramener les praticiens vers l’essentiel : les herbes brûlantes et sèches de la prairie. Il va falloir apprendre à cultiver nos champs comme des pionniers, avec nos seules mains pensantes. L’ostéopathie n’est pas un métier (le métier est un objet !), une profession sans doute au sens d’une déclaration de principe philosophiques, sociaux, littéraires et artistique., Elle est même plus que cela, un engagement, un chemin, nous lui devons de respecter son intégrité ; et là franchement, il y a du boulot !


Sur la globalité : Quand j’entends ce mot, je ne peux m’empêcher de penser au Général de Gaulle en 1965 dans ses propos sur la future Europe (campagne électorale 14/12/65) :


 

 

 

 

Bien entendu, on peut sauter sur sa chaise en disant, l’Europe, l’Europe, l’Europe, mais cela ne                                                     signifie rien et n’aboutit à rien…


 

Combien d’ostéopathes se prennent pour des cabris sur leurs tabourets en disant, la globalité, holistique ou autres incantations conceptuelles. Certains enseignements ont trouvé, du moins le croient- ils, la panacée globaliste : ils imposent aux étudiants, pour chaque traitement, de pratiquer 3 manipulations HVBA, 1 viscérale, 1 crânienne ! Vous en vouliez de la globalité ?  Laissons à chacun l’appréciation  de cette interprétation du concept et de la philosophie de Still …


La globalité, concerne plus le regard, l’esprit, la visualisation au sens stillien du terme, que le marathon des mains de l’ostéopathe sur son patient. Passons la plume,( et la patate chaude) à Marc Chevassus


 

Réponse de Marc Chevassus DO MROF


Un concept est une information non-linéaire qui crée l'harmonie entre notre cerveau droit et notre cerveau gauche. Il est le pont entre l'analogie et la pensée, et ne soustrait pas à une simple définition linéaire.


Une philosophie est un ensemble de concepts donnant un sens à une pensée qui oriente notre point de vue sur le monde. Cele crée un courant de pensée qui se différentie de l'idéologie par sa capacité d'ouverture à l'esprit critique. La philosophie "adoptée et appliquée" peut entraîner une adaptation de notre manière de vivre à la pensée qu'elle incarne mais pas l'inverse. C'est en réponse à notre philosophie que l'on s'organise pour rester en phase avec celle-ci et non à notre ressenti. La limite d'une philosophie se trouve là. On ne peut faire rentrer l'universel dans une philosophie sans l'orienter.


La globalité est soumise à un référentiel comme un système physique l'est lors d'une expérimentation en sciences physiques. L'expérimentation est valable seulement dans ce référentiel puisqu'il définit l'ensemble des forces physiques en présence. C'est la réalité de l'expérience. Le réel lui n'a que la limite de notre conscience comme l'illustre la physique moderne. Telle est la globalité qui varie en fonction de notre propre champ de conscience. La subtilité dans un système de soin reste seulement d'être juste sur la dimension de globalité à contacter plutôt que de vouloir être le plus global possible et de se perdre.



G.D. HULETT, B.S., D.O.A text book of  the principles of osteopathy 1922 fifth edition  

Traduction Gérard CAZANAVE


Chapitre V: Structure et fonction  (p25)


Dans cet ajustement continuel, dépendant des changements dans les relations physiques et chimiques des molécules, il convient de remarquer que la structure et la fonction sont concernées. De nombreuses discussions tournent autour de la position relative de la fonction et de la structure dans le développement de l’individu ou de la race. Il n’est pas intéressant d’opposer  les arguments sauf pour préciser que les deux se développent en coordination.  



On admet que la structure change la fonction dans de nombreux cas. Ce fait est fondamental dans le concept ostéopathique, d’ailleurs beaucoup de pathologies sont causées ou maintenue par la structure et interfèrent de la fonction.. D’autre part il est certain que quelquefois c’est la fonction qui modifie la structure.


La doctrine qui fait de la cellule l’unité fondamentale biologique, et de la physiologie du corps, la physiologie de la cellule est insuffisante pour expliquer tous les phénomènes de la complexe organisation de la vie. Les cellules représentent une expression de la vie qui est inhérente à la structure de base commune le protoplasme. C’est une force organisatrice qui se tient derrière toute structure que cette dernière soit composée de cellules, de substance intercellulaire ou de syncitium.


 Cette force est inconnue mais représente une action, une énergie, une fonction.


Dans ce sens on peut justifier que la fonction soit une cause de la structure. Cette assertion doit cependant être suivie par la proposition évidente qu’avant que puisse s’exprimer cette force dans toute substance il doit exister une structure de base. Cette structure de base est le protoplasme. De ce point de vue la structure gouverne la fonction.


 


Chapitre VI : Unité du corps ( p 31)


Depuis que les cellules ne sont plus distinctes et indépendantes et que le corps est considéré à juste titre comme un syncytium, quelles sont les déductions légitimes ? La nécessité est de considérer le corps comme un tout et non comme un agrégat de particules indépendantes. Cela est fondamental en ostéopathie d’un point de vue pratique et philosophique.


Le corps est une unité, donc la pratique du déverrouillage de chaque organe à cause d’une supposée absence de fonction est fondamentalement erronée. Tous les organes et toutes les parties du corps tendent à une extension des fonctions vitales. Bien qu’il y ait une spécialisation, aucune partie du corps ne perd ses propriétés originelles.


 


Cela souligne le fait que l’organisme humain manifeste aussi bien le fonctionnement le plus simple que le plus complet et ce faisant, il parvient à gérer toutes les conditions environnementales des plus simples aux plus complexes. Cela est important dans la lutte de l’organisme pour l’existence. Quand un homme est forcé de résister à un autre organisme de nature complexe, tel les autres mammifères, il doit le  faire par l’usage de sa propre nature spécialisée. Il peut adjoindre le cerveau au cerveau, le muscle au muscle. Contraint de résister aux substances empoisonnées, à cette occasion il doit mettre en présence toxines et antitoxines. Contraint de réagir face à une invasion d’organismes unicellulaires, comme une bactérie pathogène, il doit adjoindre les cellules aux cellules pour la phagocytose en un effet physiologique. Cette même idée est soulignée dans les cas de secrétions internes. Il est connu que beaucoup des organes du corps pourvoient certaines substances qui sont essentielles pour le corps tout entier.


Il est indubitable que chaque partie du corps donne et reçoit de chaque autre partie ; et la suggestion de Spencer comme quoi une particule de protoplasme peut dans la course du temps traverser toutes les parties du  corps devient signifiantes. [1]



Une autre réflexion intéressante dans cet axe est la relation entre cette unité corporelle et les différents désordres réflexes et chaînes corporelles.


Les conditions pathologiques d’un groupe de cellules peuvent affecter les connexions nerveuses ou la qualité du sang ou à travers différentes influences, le flux de la substance protoplasmique ou sa force peuvent changer le métabolisme de structures éloignées.


Virchow[2] lui-même a suggéré que  l’agencement réticulaire des cellules pourrait faciliter la conduction de divers processus morbides. Ce fait souligne la nécessité d’investiguer les autres parties du corps à la recherche de facteurs irritants plutôt que simplement les régions impliquées par un dérangement des  mécanismes sanguins et nerveux…


…Et nous croyons qu’une des plus grandes valeurs pratiques est de considérer avec Krutenberg  que l’organisme est un tout et doit être  contemplé comme tel.


 


A suivre…




[1] Herbert Spencer : Principe de biologie, Vol 1, p 192


[2] Virchow Pathologie cellulaire p 76

 

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