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Ostéo-micronutrition

Ostéopathie traditionnelle et terrain nutritionnel

L'inflammation et l'ostéopathe  MAJ 09/10/09      

 

 

PHASES

ACTEURS PRINCIPAUX


BUTS


1/ VEILLE TERRAIN


Alimentaire-membranes


Intestinal


Pollution à distance


Inflammations de bas grades


 Age


Activité immunitaire anormale


 

 

Conditionne la réponse en fonction de l’environnement du sujet.


Il résulte de la vie passé du sujet


2/ INITIATION

SNA 


Système artério-veineux


 

Action locale et rapide indispensable


3/AMPLIFICATION


SNC


Système lymphatique


Economie des acteurs


Durabilité de leurs actions

4/RESOLUTION ET DE REPARATION

 


Foie


Système endocrinien


Freiner les mécanismes engagés


Restaurer la fonction locale

 

  
  

Chaleur, rougeur, œdème et douleur, bonjour je suis l’inflammation, je m’installe pour quelques heures, quelques jours, ou plus si je me plais !

 

Mais que faire de ces informations lors de nos consultations ostéopathiques ? Devons nous rester des observateurs émerveillés, privilégiés de cette nature homéorhésique, devons-nous hurler avec les loups et chasser l’inflammation diabolique ou encore comme Monsieur Jourdain et sa prose, la traiter sans conscience. La réponse n’est pas si simple…

 

Souvenons nous que l’inflammation est une réaction physiologique normalement transitoire, ce qui lui confère :

 

-       -  Une cause et

-       -  Une limite dans le temps:


 Voici donc les deux paramètres qui vont guider notre compréhension de ce mécanisme.

Chaque patient qui se présente à nous, quel que soit son motif de consultation, navigue, d’un point de vue immunitaire, dans l’une des 4 phases de notre tableau (pour les cas les plus simples). Il peut se retrouver dans des phases différentes sur des territoires limités ou encore  douloureusement bloqué dans une des phases.

 

Débloquez-moi de ma phase d’amplification, je n’en peux plus ! : risque-t-il alors de vous supplier !

 

Voyons donc ces quatre océans, leurs caractéristiques, leurs écueils.

 

1/ La phase de veille, sanitaire, salutaire, notre statut de base, qui va conditionner notre capacité à réagir. Cet état d’équilibre instable mérite d’être évalué.

Souvenez-vous de ces appels dépités, désespérés quelquefois, de patients moulus les jours qui suivent vos soins… Que celui à qui cela n’est jamais arrivé… Arrête de prescrire des AINS à tous ses patients ! Ces réactions déplaisantes peuvent être le signe d’une hypervigilance immunitaire. Bien entendu, vous aviez prévu cette réaction car votre anamnèse a pris en compte les modulateurs de cette phase :

 

-       Alimentaire: une enquête simple et rapide, des six derniers mois, vous renseigne sur le statut en Acide gras des membranes cellulaires de votre patient.

Un questionnement simple afin de déterminer  si l’alimentation n’est pas trop inflammatoire (produits laitiers, viennoiseries, viandes grasses : porc, bœuf, sauces..), ou à l’inverse pas assez anti-inflammatoire (colza, noix, poissons gras…). Pensez à envisager le problème sous ces deux aspects, il s’agit d’une balance qui s’équilibre en fonction des situations. L’inflammation peut-être  le mode de réparation d’un stress oxydatif, on se posera alors la question  d’un comportement pro-oxydant (tabac, médicaments, pollution..) ou d’une absence, un manque d’éléments anti-oxydants (fruits et légumes..)      


 

  • Vos doigts habiles et vos questions ont percé le fonctionnement digestif du patient. Cette tunique muqueuse constitue notre plus grande zone d’échange avec le milieu extérieur,  comment négliger son action immunitaire ? On a pu lire qu’elle était le chef d’orchestre de l’immunité au travers notamment de son microbiote.
  •       Les pollutions à distance, nous connaissons les plus perverses, celles que le patient lui-même peut oublier, un vieux chicot sur une 36, quelques étages plus bas une cystite saisonnière ou cataméniale etc… Cherchez la porte d’entrée pour en sortir vraiment !
  •        Les inflammations de bas grades, ne sont détectables, par définition, que par des bilans spécifiques (C. Réactive Protéine Ultra Sensible…) mais on connaît aujourd’hui quelques déclencheurs (dont l’hypertrophie adipocytaire) et les lourdes conséquences dans le temps de ces pathologies de l’ombre. ATTENTION aux amaigrissements trop rapides (diètes protéinées avec perte rapide de la masse grasse, nos adipocytes sont nos poubelles de véritables bombes à retardement… (cf étude du Pr Narbonne sur toxiques accumulées dans les graisses sur 3 générations.)
  •     Avec l’âge, il nous faut considérer plusieurs paramètres, le fait que le risque inflammatoire augmente avec le nombre des années est une évidence. La délitescence ostéo-articulaire, cardio-vasculaire sont des motifs acceptables. Mais que penser des pathologies du jeune adulte et de leur influence sur sa croissance ? La balance protéique, consommation/absorption et dépense (immunité et structure), ne serait elle pas une clé ?
  •        La catégorie activité immunitaire anormale est la boite à maladies auto-immunes, que nous n’explorerons pas du fait de sa haute spécificité et de l’importance de la prise en charge médicale qu’elle requiert. Beaucoup de questions en suspens notamment sur les réactivations vaccinales des cicatrices sérologiques de l’Epstein Barr Virus, CytoMégaloVirus avec le vaccin de l’hépatite B par exemple.

 

-       En résumé, cette phase est la neutralité relative à l’individu, cliniquement atypique, mais qui mérite d’être évalué pour jauger les capacités adaptatives de notre patient.

 


2/ La phase d’initiation est par essence très courte, ses moyens de communication rapides.

 

Quelques heures après une attaque cellulaire, bactérienne, virale, antigénique ou traumatique, elle va déclencher localement une réaction de sauvegarde. Celle-ci peut s’avérer délétère   (par l’itération des phases d’amplification qu’elle engendre si ses moyens de communication sont défectueux (vasculaire et Système Nerveux Autonome).

 

Elle peut aussi être bénéfique, exemple de la réaction macrophagique puis purulente autour de l’écharde que le pus va finir par expulser. On retrouve notre histamine qui va organiser l’œdème et informer le S.N.A. par les fibres sensitives orthosympathiques. Même si l’ostéopathe ne le comprend pas ainsi, il connaît bien ces accidents. Une articulation sensible à l’inflammation, quelles que soient les contraintes vécues, peut dépendre d’une dysfonction du Système Nerveux Autonome. La loi du nerf de Still, ou l’ostéopathie « métamérique » des Amériques[1] trouvent ici leurs justifications. Donc ostéopathes, à vos claviers vertébraux !

 

3/ La phase d’amplification, peut se traîner, durer anormalement pour plusieurs raisons.

 

Pensons au manque de moyens, une synthèse trop lente par trop peu d’acides aminés, un épuisement des ressources. Ils sont nécessaires pour chaque acteur de l’immunité, des protéines réparatrices, (les heat shock protéin) aux immunoglobulines délatrices en passant par la synthèse des lignées lymphocytaires. Un terrain à ne pas négliger, nous l’avons vu.

 

 Pour que cette réaction œuvre correctement il faut aussi la lenteur et la régularité du système lymphatique. Ils récupèrent les débris cellulaires et dans les nœuds lymphatiques, à l’affût, attendent des macrophages et des lymphocytes. Nous savons à quel point ces canaux sont fragiles aux contraintes mécaniques locales ; l’action mécanique locale ou à distance de l’ostéopathe sera essentielle. Il conviendra de palper ces ganglions quand ils sont à portée de doigts ( sites cervicaux, péri crânien, axillaires inguinaux et fémoraux), une augmentation de volume, une induration peut signer un enlisement de la réponse.

 

Rappelons que ces canaux transportent, certes de la lymphe, mais aussi en zone digestive, un liquide que l’on dit lactescent, le chyle et qui est le véhicule des chylomicron, goutelettes d’acide gras en provenance de l’intestin. Ces deux liquides empruntent les mêmes tuyaux, se mélangent ; ne peut on envisager que la surcharge en provenance de l’interstitiel digestif ne freine la fonction proprement lymphatique ? Un allègement des apports gras alimentaires ne serait-il pas bénéfique au bon déroulement de la phase 3 ?

 

Cette phase 3 qui dure trop est-elle causée par une phase 2 qui se répète ou par une phase 4 non efficace ?

 

4/ La phase de résolution et de réparation va recruter deux systèmes, les fonctions hépatocellulaires et endocriniennes.

 

Peut-on vraiment séparer ces systèmes tant leurs actions sont synergiques ? L’ostéopathe trouvera ici un bon nombre de signes d’appel, de possibilités dysfonctionnelles qui vont interférer avec l’immunité. L’environnement hépatocellulaire est en général bien pris en compte par l’ostéopathe, il connaît les symptômes et traite directement ou à distance l’organe. Y pense-t-il dans le traitement de l’inflammation non résolutive ? Prend-il en compte la surcharge hépatobiliaire pour comprendre la dysfonction hépatocellulaire ? Le foie a tout de même, reconnaissons le, bien souvent le mauvais rôle dans la consultation ostéopathique, sans que l’on puisse détailler l’exacte liste de ses crimes et méfaits. Lâchons-le un peu !

 

 Le système endocrinien pour sa part, est souvent réduit à  l’axe hypothalamo-hypophysaire : trois mots mystérieux qui hantent les clinicats  depuis des décennies. Malheureusement derrière cette litanie se cache un vide sidéral !

 

Mise à part un toucher cranio-sacré, notre candidat ostéopathe ne propose rien de suivi. Cette hypophyse semble pendre dans le vide comme le battant d’une cloche silencieuse !  Mais qu’y a-t-il en dessous?  L’axe endocrinien dans la compréhension de l’inflammation est multiple, pensez au diabétique qui ne cicatrise pas, à cette glycémie qui n’est pas régulée seulement par le pancréas (insuline et glucagon) mais aussi par le cortisol (hyperglycémiant), à l’hormone de croissance (hyperglycémiante).

 

Quant  à l’axe hypothalamo-hypophysaire  surrénalien et son cortisol qui jusqu’à une certaine dose a une action anti-inflammatoire et anti-allergique mais qui en excès va provoquer un syndrome de Cushing avec vergetures pourpres d’allure inflammatoire, une obésité avec mobilisation des graisses : cellulite (ITE = inflammation) est aussi une inflammation.

 

Pensez aussi à ces déséquilibres androgéniques (toujours les surrénales) avec leur acné (très inflammatoire)…

 

Comment une surrénale pourrait elle dépendre d’une thyroïde ? …..

 

La relation orthosympathique, ACTH – cortisol peut elle intéresser l’ostéopathe dans la compréhension de cette phase de résolution ?

 

Voila bien des questions qui nous incitent au voyage, de l’acide gras ou aminé vers sa mission de messager.

 

Au travers de ces quelques lignes nous avons jeté un regard différent sur le système immunitaire et si l’on n’a certes pas répondu à toutes les questions, souhaitons avoir réussi à en faire naître de nouvelles, que les tissus ne manqueront pas de renseigner…

 


 Docteur Florence CAZANAVE

Gérard CAZANAVE DO MROF



[1] Pardon pour ce mauvais jeu de mot !